par Jacques Ferber

Est-ce que vous n’en n’avez pas assez de ressasser ces « bonne année, tous mes vœux » à toutes les personnes que vous croisez, et de recevoir aussi de tels messages venant de personnes éloignées que vous ne connaissez presque pas ? N’en avez vous pas assez de tous ces emails de souhaits qui encombrent votre boite aux lettres (désolé pour celui-ci…)

Pourquoi faisons nous cela chaque année, dans les premiers jours de Janvier ? Pourquoi cette coutume s’est elle transmise pratiquement telle quelle depuis des siècles ?

En fait, dans pratiquement tous les peuples, le jour de l’an, dont la date diffère selon les cultures (par exemple le jour de l’an chinois a lieu fin janvier-début février) nous nous adressons des voeux de bonne santé, de prospérité, d’amour et de bonheur. Mais pourquoi le faisons nous ? Pourquoi nous souhaitons nous tout cela ? Pour faire comme les autres ? Pour ne pas culpabiliser lorsqu’on reçoit des voeux ? Non, c’est plus profond: nous nous adressons en fait des bénédictions…

J’entends déjà : « des bénédictions ? mais on n’est pas à l’église ! ». Comme toujours, l’institution chrétienne a tout simplement utilisé une coutume très ancienne pour la faire entrer dans son système de valeurs et de pensées. En fait, une bénédiction c’est tout simplement un appel à la bienveillance divine pour adoucir la vie de ceux qui nous sont chers. C’est donc l’inverse d’une malédiction lorsqu’au contraire nous demandons à des forces occultes et sombres de nous venger en châtiant celui qui nous a causé du tort.

Et nous le faisons tous les jours des dizaines de fois sans nous en rendre compte : chaque « bonjour » est une bénédiction, chaque « belle journée » est un appel au divin pour qu’effectivement notre vie soit plus douce, que chaque instant nous apporte le bonheur…

Car globalement, tant qu’on n’a pas fait l’expérience de la vacuité/plénitude, la vie est pleine de hauts et de bas, de merveilleux moments comme de coups du sorts. Que la fortune ne nous sourie plus et nous nous sentons minables. Que la maladie s’insinue en nous et nous faisons l’expérience de la faiblesse. Que la mort vienne emporter un être cher et nous nous trouvons face à une tristesse infinie, nous faisant toucher notre propre mortalité. Et pourtant, il n’y a là que des choses bien normales : la roue de la fortune tourne, la maladie et la mort sont inévitables. La souffrance règne partout sur le monde…

Et pourtant, nous disent certains maîtres de sagesse, c’est nous qui voyons de la souffrance là où il n’y a que passage et transformation. Lorsque le prince Gautama, Bouddha, enseigne pour la première fois, il commence ainsi : « la vie est souffrance ». Elle l’est non pas parce que la vie serait terrible en soi, mais parce que nous, êtres humains, en nous croyant séparés de la Vie, nous créons à chaque moment notre malheur : nos peurs, nos envies, nos jugements, nos doutes, etc. nous empêchent de voir que nous sommes la Vie, que nous ne sommes pas tellement différent de ces fleurs qui s’épanouissent, de ces plantes qui donnent de merveilleux fruits, de ces animaux qui accomplissent ce que la nature a voulu qu’ils vivent, tout cela dans le cycle de la Vie. Nous sommes vivants, détenteurs possiblement conscient de la puissance divine d’être. Nous aurions pu ne pas être, mais nous sommes là, vivants, faisant l’expérience de la vie dans toutes nos cellules. Et si notre corps peut évoluer, se dégrader et mourir, la Vie ne meure pas. Or, au plus profond de nous, nous sommes la Vie et non l’organisme que nous croyons être. Nous sommes l’Amour et non les peurs et les demandes d’être aimé que nous faisons passer pour de l’amour. C’est ce que voient ceux qui s’éveillent : la Vie, le Divin, la Source, au delà de nos peurs et de nos jugements, au delà de nos envies et de nos prétentions, au delà de nos pensées et de nos théories… Ils voient la simple réalité d’être…  Peut être que le vœu le plus important que nous puissions nous faire soit « éveille toi et contemple la Vie que tu es ! »… Et que pourraient se souhaiter deux éveillés ? Rien ! Tout est là… Juste rire ensemble d’être… N’est ce pas incroyable d’être là, de vivre ?

Mais en attendant que nous vivions dans cet état de sagesse, dans cette reconnaissance que la Vie est tout, nous pouvons nous aider les uns les autres du mieux que nous pouvons pour vivre le plus heureux possible. Et ce faisant nous pouvons nous bénir mutuellement, cherchant à attirer sur nous la bienveillance divine, espérant que nos mots soient entendus et qu’ils puissent accomplir des miracles, et que nous restions en bonne santé, que nous soyons prospère, heureux en amour, que notre chemin soit le plus doux possible et que cette énergie de paix et d’amour soit présente au quotidien. C’est une marque d’Amour que nous nous faisons les uns aux autres, et plus ces souhaits sont effectués avec le cœur, plus ils s’imprègnent en nous et plus ils agissent !!

Alors, frères et soeurs qui faites le Voyage de la Vie, l’équipe de Développement Intégral, Yuna, Nathouchka et moi, vous souhaitons du fond du cœur une merveilleuse année 2013 : qu’elle soit remplie d’Amour et de Joie, qu’elle voit la réalisation de vos rêves les plus fous, que chaque instant soit pleinement vécu en conscience, que nous nous libérions de la souffrance et surtout des causes de la souffrance, que nous nous éveillons tous ensemble afin nous esclaffer de l’absurdité de ce monde et que nous soyons conscient de cette merveille qu’est la Vie.

Namasté (Je reconnais et salue le divin qui est en toi)…

Note : cet article a été publié pour la première fois en 2013. Mais il a gardé toute sa fraîcheur… Toutes les nouvelles années sont bien semblables…